Ca manquait un peu de sel …

5h30 du matin, pas un souffle, le soleil se lève tout juste lorsque nous quittons le gîte de Sainte-Monique, et une lon-on-ongue matinée nous attend.
Nous mettons nos kayaks à l’eau bien en amont de la marina de Péribonka, au départ d’un embarcadère quasi-désert ; seul un bateau de la police locale viendra nous disputer les lieux.

Aux abords de la marina, ça grouille déjà pas mal plus : spectateurs sur la rive, bateaux et autres engins motorisés un peu dans tous les sens, haut-parleurs des commentateurs, etc. et le vent, de face puisque nous naviguons vers l’ouest, commence à se faire sentir.

Les choses s’organisent un peu plus une fois le départ donné : au moins, tout ce qui flotte paraît désormais aller dans la même direction, celle qu’ont prise les nageurs accompagnés de leurs coaches. Pour nous, « petits kayaks », la progression n’est pas forcément plus simple : toutes ces grosses coques motorisées font des remous dans tous les sens, et leurs barreurs sont plus occupés à regarder les compétiteurs qu’à surveiller les pagayeurs qui pourraient se trouver quelques mètres devant leur étrave. Je suis impatiente de me sortir de ce b…
Passée la bouée de dégagement, cap au SSO vers Roberval, avec 30 kms d’eau à courir ; il doit être un peu plus de 7h30 et l’arrivée est prévue vers 13 heures. Après avoir échangé quelques plaisanteries avec d’autres kayakistes, mon coéquipier et moi prenons notre rythme de croisière sur la route indiquée par le GPS ; nous progressons plus vite que les nageurs et la flotte d’accompagnateurs, mais le vent – de travers maintenant – se renforce, de gros nuages gris se pointent à l’horizon et je trouve nettement plus comfortable de me dégager du troupeau et maintenir mon allure habituelle plutôt que de devoir me ralentir à dessein.

Les vagues grossissent, je trouve P. un peu loin sous mon vent, mais je ne réalise pas qu’il a quelque difficulté à maintenir son bateau sur le cap que j’ai pris (quelle drôle d’idée aussi de choisir justement ce jour-là pour faire le nettoyage du plan d’eau et ramasser avec sa dérive toutes les cochonneries qui traînent …) M’ayant enfin rejoint, mon petit camarade me propose sur un ton plaisant de faire un test de récupération : « Un, deux, trois, Go ! » Ben non ! Sans façon … D’ailleurs, moi j’y vais quand je veux, Na ! Et c’est comme ça qu’un petit quart d’heure plus tard … « Mmmeeeerrrrdddd … » Glou, glou, glou. Eh bien oui, j’y suis … mais j’ai pas trop envie d’y rester. D’accord, elle est très bonne mais quand même un peu … agitée, disons … il reste encore plus de la moitié du chemin à faire et puis le vent ne pousse pas vraiment dans la bonne direction … Les récents entraînements prennent là toute leur valeur : quelques mots échangés, et chacun de nous sait ce qu’il doit faire ; un premier essai … qui foire (mon kayak se retourne de nouveau avant que j’ai le temps d’entrer dedans), mais le deuxième est le bon. Le temps de pomper le plus d’eau possible, de remettre ma jupe et nous revoilà en route. Je mets quand même un certain moment à me décrisper, d’autant plus que l’eau restée dans mon bateau le déstabilise à chaque vague … et des vagues il y en a plutôt plus – et des plus grosses – qu’avant … « Nnnnoooonnnn ! » Eh ben, non ! Cette fois-ci, je n’y suis pas allée, mais ça n’est quand même pas passé loin ! Mes appuis se font plus efficaces au fur et à mesure que les automatismes s’installent … mais je réclame une pause pour m’alimenter un peu. Pas facile de venir au contact dans ces vagues pour former un « radeau » mais mon bateau souple, avec son boudin gonflé de chaque côté, facilite bien les choses. Mes carrés aux dattes faits maison sont passablement en bouillie, mais ça cale bien l’estomac tout en étant plein de calories. P. veut absolument que j’essaie sa potion magique, le « Power Gel » (avec un nom pareil, je me demande bien dans quel type de boutique il trouve ça, et pour quel genre de sport c’est recommandé … je ne vous ai rien dit, hein ?) ; je manque lui recracher le truc à la figure tellement c’est dégueulasse : sirupeux, gluant, sucré, goût chimique, berk ! Bon, c’est pas tout, mais il faudrait voir à ne pas trop traîner en route ! Il reste encore … 15 kms. Enfer et damnation ! Je commence à sentir la fatigue dans les épaules, ces vagues qui n’arrêtent pas et, en plus d’en avoir de côté, il y en a maintenant de 3/4 arrière, et ce bateau qui penche à gauche, puis à droite, puis de nouveau … La distance restant à parcourir diminue lentement, trop lentement à mon gré, sur le cadran du GPS ; mais le cap et l’heure prévue d’arrivée ne varient pas, donc notre progression reste constante. « On se fait une pause aux 7 kms, c’est un chiffre qu’on aime bien ? » Allusion à notre virée autour de la Pointe-Taillon il y a tout juste 2 semaines : 35 kilomètres, mais sur un lac bien calme … Je scrute le GPS pour annoncer la dernière pause … Et c’est reparti pour le dernier tronçon. Ce n’est qu’arrivés à l’abri – tout relatif – de Pointe Bleue que nous pouvons un peu relâcher notre garde : le vent souffle toujours autant, mais l’eau devient – un peu – plus plate. On voit bien Roberval, et nous cherchons des yeux l’entrée de la marina… Petite séance photo avant de franchir les brises-lames …

… et nous voilà les premiers dans la marina, face à la foule des spectateurs qui attend l’arrivée … des nageurs.Pour les sceptiques qui pensaient que nous visions « trop à droite », voilà notre trajet exact enregistré par le GPS ; difficile de faire une route plus directe ! Le cap suivi a bel et bien permis de compenser la dérive due au vent et aux vagues ; et ceux qui ont visé Roberval direct ont du faire un bel arc de cercle … et de la route en plus.

Il y a quand même une chose qui me perturbe : toutes les fois où je me suis fait br… et rincer comme ça, l’eau avait du goût ! Je crois que je vais réclamer un peu de sel pour l’année prochaine … D’autres sorties en région Saguenay – Lac St Jean …


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3 réponses à “Ca manquait un peu de sel …”

  1. tu as bien fait de mentionner Premier dans la marina, parce que çà faisait un bon 20-25 minutes qu’on était sur la petite plage avant roberval.
    on a sauvé du temps en naviguant avec la vague de travers plutôt que la couper à 45 degré. j’étais pu capable de toute façon avec un poignet gauche foulé, d’où cet arrêt non prévu (à d’autres la gloire, haha).
    ma co-équipière en était à sa première expérience de grosse vagues soutenues, et après les premières peurs, je peux vous dire qu’elle a appris très vite la technique du piqué sur la pointe de la vague.
    apprès 3 jours de repos, j’ai repris la pagaie sur le lac, et à Bergeronnes et Tadoussac. Merci pour cette expérience riche en émotions fortes

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